myAfrica BETA

User Guidelines | Mon Compte | Get Help
Jan Christiaan Smuts
Jan Christiaan Smuts

South Africa

Jan Christiaan Smuts (1870-1950) était un homme politique d’Afrique du Sud, connu pour son soutien à la création du Commonwealth.


Plus de utilisateur: miba
Creer: 2nd Jul 2008
Modifier: 14th Jul 2008
Professional Information
Position:
Premier Ministre
Working primarily in:
South Africa

Description of Work:
À son retour au Cap, il est reçu avec les honneurs par l’intelligentsia locale, mise au courant de son parcours brillant en Angleterre. Avocat, pourtant, il déçoit. Ses manières et sa timidité l’empêchent de se lier dans son milieu professionnel avec ses collègues. Il a alors peu de clients à défendre et se tourne vers le journalisme pour arrondir ses fins de mois, écrivant en hollandais ou en anglais sur des sujets aussi divers que la littérature, la randonnée, la politique. Il devient alors un collaborateur régulier du Cape Times. Politiquement, il commence à s’engager du côté des Unionistes britanniques et de la politique d’expansion économique et territoriale. Il rejoint alors l‘Afrikaner Bond, partisan de l’unité sud-africaine, où il rencontre Jan Hofmeyr. Sous la recommandation de ce dernier, La compagnie de Beers, propriété de Cecil Rhodes, l’embauche comme conseiller juridique. À cet emploi, il délivre ou participe à de nombreux discours prenant la défense de la politique volontariste de Rhodes. En 1895, il est de ces Afrikaners du Cap choqués par le Raid Jameson contre le Transvaal, orchestré par Rhodes et qui avait pour but de renverser le gouvernement légitime de Paul Kruger, pour le remplacer par un gouvernement pro-britannique qui aurait demandé l’intégration à l’Empire. L’affaire fut un fiasco. Si l’Afrikaner Bond et Hofmeyr se contentent de censurer Rhodes au parlement, Smuts, lui, rompt ses liens professionnels et politiques avec son mentor. Il quitte Le Cap pour Riebeek West. Au bout de quelques mois, il décide de quitter la colonie, de résilier son statut de sujet britannique et, en août 1896, s’établit à Johannesburg, au Transvaal, comme avocat.

Ses vieilles manières, sa timidité, son dédain pour tous les vices ne lui facilitent pas la vie à Johannesburg. Il déménage rapidement pour Pretoria où il reprend sa carrière de journaliste politique. Ses positions anciennes libérales pro-Rhodes et pro-britannique ne pouvaient rencontrer aucun écho dans la rude et conservatrice république boer. Mais pragmatique et animé d’un instinct politique hors du commun, il parvient assez rapidement à se faire adopter par le monde politique du Transvaal avec un discours diamétralement opposé à celui qu’il tenait au Cap. Ainsi, avec la foi des nouveaux convertis, ses chroniques dans la presse afrikaans sont radicalement anti-britanniques dont il conspue l’impérialisme. Il parcourt alors tout le pays avec un discours virulent appelant à la résistance contre les diktats britanniques. Sa rencontre avec Paul Kruger n’est pas facile. Le vieux président est méfiant envers la jeunesse afrikaner et préfère s’entourer de comparses des temps anciens ou de vieux néerlandais. Au contraire, Smuts veut assumer l’africanité des Afrikaners, la liberté de l’Afrique du Sud et rompre tout lien avec la lointaine Europe. Il fonde dans ce but le « Mouvement des jeunes Afrikaners » destiné à promouvoir l’identité de la communauté à laquelle il appartient. En 1898, Paul Kruger est élu une troisième fois à la présidence du pays contre le chef de la Cour de justice, John Gilbert Kotzé. Son conservatisme politique est alors à l’opposé du libéralisme de Smuts, outré par les libertés que Kruger prend notamment par rapport à la séparation des pouvoirs. La dernière crise en la matière est pourtant une opportunité pour Smuts qui présente un mémoire de défense de Kruger particulièrement bien argumenté et légitimant le renvoi de Kotzé de la Cour de justice par Kruger.

Âgé seulement de 28 ans, Smuts est alors nommé ministre de la justice de la république du Transvaal et en profite pour demander presque immédiatement à Kruger le renvoi des vieux ministres néerlandais. Ce toupet sidéra ses partisans comme ses adversaires mais sa réputation, son audace est désormais établie. Désormais, la vieille garde de Kruger composée de néerlandais âgés est hors jeu. Smuts entreprend d’éradiquer tout l’ancien système lié à la vieille garde, renvoie le chef de la police de Pretoria, et centralise les forces de police à son ministère. À ce poste, s’il gagne le respect et l’engouement des jeunes afrikaners, il se multiplie les ennemis chez les Néerlandais, les vieux Afrikaners et les britanniques. En 1898, la menace de guerre avec les Britanniques est réelle. Lors de la conférence de paix de Bloemfontein sous l’égide du président Marthinus Steyn, Smuts fait partie de la délégation du Transvaal. Son anglais courant lui permet de suivre les conversations de la délégation britannique et de se poser en interlocuteur à la place de Kruger face à lord Alfred Milner, le haut commissaire au Cap. La conférence est finalement un échec.

Le 11 octobre 1899, débute la guerre des Boers, entre le Transvaal et l’État libre d'Orange d’une part et le Royaume-Uni d’autre part. Smuts est alors le bras droit de Kruger à Pretoria, écrivant les discours, diffusant la propagande, organisant la logistique et maintenant le contact avec les ambassades du pays en Europe. Après les défaites boers de Ladysmith, Mafeking et Paardeberg, les forces armées britanniques avancèrent sur l’Orange et le Transvaal. Le gouvernement de Kruger est alors obligé de quitter la capitale sud-africaine pour Machadodorp. Avant d’évacuer, l’ordre de Smuts de détruire les mines d’or qu’il concevait comme l’objectif principal des britanniques est invalidé par un juge. Il lève alors une armée de 500 hommes, vide les coffres-forts de la ville, s’empare des réserves d’or du Transvaal, les place dans un train sous son escorte à destination de Machadodorp. Alors que Kruger s’embarque pour un voyage sans retour en Europe, Smuts rejeta l’offre de paix des Britanniques et organisa la résistance et les commandos, dont les directions sont prises ou confiés notamment aux généraux Louis Botha, James Barry Hertzog, Christiaan de Wet et Koos de la Rey. Smuts combattit au côté de De La Rey, attaquant et harcelant par petits groupes les arrières britanniques. Tels des piqûres de guêpe, ils parvenaient à affaiblir leur adversaire. La mise en place de camps de concentration par les Britanniques, de tranchées de barbelées et la tactique de la terre brûlée va progressivement entamer la résistance boer dont les succès seront de moins en moins nombreux. Après avoir échappé une douzaine de fois à la traque lancé contre lui par le général britannique Kitchener, Smuts fut désigné pour mener une attaque de grande envergure, un raid sur la Colonie du Cap avec un groupe de 240 hommes armés, dans le but était de soulever et de rallier à leur cause les Afrikaners du Cap. L’expédition fut un échec. Smuts et ses hommes étaient isolés de toute base arrière de repli, n’avaient pas de soutien local et étaient victimes de dysenteries, alors qu’ils étaient traqués par les soldats britanniques et leurs redoutables alliés Basuto. Au bord de l’insurrection, le petit groupe de résistants parvint néanmoins à s’emparer d’un escadron de cavalerie britannique, de voler leurs uniformes, munitions, chevaux, nourritures et leurs armes. Il s’ensuivit alors de petites escarmouches pendant de long mois, mais jamais Smuts et ses hommes ne furent faits prisonniers. Smuts établit alors un quartier général près de la rivière Hex où il repensa toute sa stratégie. Son armée avait gonflé au fil du temps pour atteindre près de 3000 hommes, principalement des fermiers. Mais il avait conscience que toutes ses attaques de commandos ne lui feraient pas gagner la guerre et ne contribuaient qu’à prolonger des souffrances et des haines inutiles. Il lui fallait une dernière victoire pour amener les britanniques à négocier. La bataille eu lieu à Okiep, un centre minier. S’il ne remporta pas la victoire espérée, sa résolution au combat impressionna les britanniques qui lui proposèrent de parler de paix à Vereeniging. À la conférence, les républiques boers envoyèrent chacune trente délégués élus par les membres des commandos. Celle de l’Orange était composée de Steyn, de De Wet et d’Hertzog. Elle refusa toute reddition, voulant poursuivre la guerre. La délégation du Transvaal était favorable à la paix et ses élus étaient majoritairement des hommes de compromis. Smuts avait été désigné par Louis Botha comme conseiller juridique de la délégation. Son influence sur les délégués fut primordiale pour arracher le compromis. Son argumentation et ses connaissances militaires et politiques furent imparables et aucun autre délégué ne put contre-argumenter. C’est ainsi qu’il rallia finalement plusieurs délégués de l’Orange sur la base d’un compromis proposé par Francis William Reitz, consistant à terminer la guerre et à demander une souveraineté limitée pour les républiques. À Pretoria, Smuts se trouva un allié en la personne de Kitchener, d’accord avec lui sur la futilité de cette guerre. Le 1er mai 1902, le traité de Vereeniging, principalement rédigé par Smuts et Kitchener, était présenté à la signature des représentants du Transvaal, de l’État libre d’orange et du Royaume-Uni.

La paix revenue, Smuts reprend son métier d’avocat, l’activité où en fait il excellait le moins. Il n’était pas aimé par les britanniques alors que de nombreux afrikaners lui reprochaient d’avoir empêché une lutte à mort contre l’occupant ou à l’inverse d’avoir prolongé la guerre après la chute de Prétoria. En janvier 1905, le général Louis Botha, Jan Smuts et plusieurs anciens généraux boers constituèrent un parti pour unir les Afrikaners et baptisé « Het Volk » (le peuple). L’objectif est d’obtenir un gouvernement autonome et la constitution d’un état sud –africain. 1905 est aussi l’année où le mandat de l’intransigeant Milner comme haut-commissaire arrivait à expiration. Un homme plus conciliant lui succéda en la personne de Lord Selborne, par ailleurs admiratif des exploits de Smuts. À la même époque, un gouvernement libéral succéda à un gouvernement conservateur au Royaume-Uni avec sir Henri Campbell-Bannerman comme premier ministre. Ce nouveau gouvernement, puis le nouveau parlement britannique élu en février 1906 comprenait de nombreuses personnalités anti-impérialistes dont certaines avaient sympathisé avec la cause des républiques boers.

Smuts profita de cette opportunité pour se rendre à Londres où il trouva à son étonnement une très forte opposition à la politique conservatrice qui fut menée en Afrique du Sud par le gouvernement britannique. Il trouva ainsi facilement des interlocuteurs avec qui discuter et à qui proposer l’établissement de gouvernements autonomes dans les anciennes républiques boers. C’est ainsi qu’en décembre 1906, une nouvelle constitution, rédigée avec la participation des représentants d’Het Volk fut promulguée pour la colonie du Transvaal. La première élection générale qui suivit, fut sans surprise un triomphe. Smuts fut élu à Wonderboom près de Pretoria et Louis Botha fut désigné premier ministre du Transvaal. Smuts obtint alors les portefeuilles de secrétaire colonial et secrétaire à l’éducation. Botha ne tarda pas à effectuer d’importants déplacements en Europe laissant Smuts gérer les affaires courantes du Transvaal. C’est alors qu’il dut affronter une crise avec l’église réformée hollandaise qui demandait l’enseignement obligatoire du calvinisme et du seul afrikaans à l’école. Smuts était un partisan de la laïcité de l’état et du bilinguisme anglais-afrikaans. Refusant les doléances de l’église, il est alors personnellement attaqué et injurié par les pasteurs. L’autre crise à laquelle est confronté Smuts est l’immigration indienne et malaise en Afrique du Sud et au Transvaal en particulier. Il doit alors prendre des mesures radicales (restriction du droit du travail des indiens, enregistrement obligatoire…) pour protéger les emplois et salaires des blancs les plus pauvres et des mineurs. Il rencontra alors un opposant inattendu, adepte de la non-violence, Mohandas Gandhi, avocat de Durban. Ce dernier est emprisonné à plusieurs reprises provoquant une réaction inattendue de la presse, caricaturant Smuts en nouveau Paul Kruger : fier, cruel, réactionnaire. Un compromis est finalement trouvé entre Smuts et Gandhi, mettant fin à la campagne de non violence.

Gouvernant la colonie la plus riche et la plus rentable d’Afrique du Sud, Botha et Smuts pouvaient faire avancer leur projet politique d’État sud-africain auprès des autorités britanniques. Jusqu’à présent, seule une union douanière et ferroviaire unissait les colonies. Smuts argumenta sur le fait que l’union politique était inévitable tout comme l’union économique l’avait été. La route de l’union était pour lui le seul chemin à prendre pour mettre un terme définitif à la rancœur issue des luttes fratricides du passé. Il fut le premier à alors évoquer le thème de la nation sud-africaine. Il préconisa un système constitutionnel unitaire et non fédéral comme les États-Unis d’Amérique dont il critiquait les disparités et les inerties engrangées par la bureaucratie. Mais il lui fallait imposer cette approche alors que le système fédéral avait de nombreux partisans. En octobre 1908, des centaines de délégués de toute l’Afrique du Sud vinrent participer à la conférence de Durban, afin de départager les partisans du régime unitaire, du régime fédéral, confédéral voire colonial. Smuts était le mieux préparé dans sa rhétorique et son argumentation et savait que seul un compromis général et technique pouvait être accepté. Les revendications particulières ne recevraient donc pas d’approbation suffisante. Grâce à Smuts, à l’aide de promesses plus ou moins vagues, plusieurs compromis furent adoptés concernant le choix de la capitale sud-africaine (en fait trois capitales), les langues officielles (néerlandais et anglais) et même la taille standard de l’écartement des voies de chemin de fer. L’accord le plus dur à obtenir fut celui des délégués de la colonie de la rivière Orange (État libre d’Orange) représentés notamment par Marthinus Steyn et James Barry Hertzog. Ces derniers voyaient dans cette conférence un moyen que s’accaparait le Transvaal pour imposer un diktat aux Afrikaners. Ils refusaient toute union où les pouvoirs des parlements provinciaux seraient réduits. Ils furent finalement mis en minorité après l’accord général de toutes les autres délégations. Les conclusions de la conférence furent résumées en une résolution finale faisant figure de projet de constitution à l’été 1909, finalement approuvée à l’unanimité des délégués. Le projet de constitution fut ratifié par le parlement du Cap, celui de l’Orange et du Transvaal. C’est par référendum qu’il fut approuvé au Natal. La constitution fut alors présentée au parlement britannique où elle fut également approuvée. C’est en décembre 1909 que le roi Édouard VII la promulgua. L’Union de l'Afrique du sud était née. À Pretoria, désormais appelée à être la capitale administrative, et non la capitale unique qu’il aurait souhaitée, Smuts fait appel à Herbert Baker pour construire un palais de gouvernement, les Union Buildings. Le budget est alors de 1,5 million de livres (l’équivalent de 700 millions de livres en 2005).

Le tout nouveau gouverneur général d’Afrique du Sud, Lord Gladstone, avait la charge de choisir un premier ministre pour la nouvelle Union en attendant que des élections aient lieu. Il avait le choix entre John X. Merriman, premier ministre de la colonie du Cap et Louis Botha, premier ministre du Transvaal. Contre toute attente, les généraux boers de l’Orange, Steyn, Hertzog et Christiaan de Wet, appuyèrent la candidature de Merriman, dans le but inavoué de pouvoir unir les Afrikaners contre un Britannique unioniste. Mais Smuts plaida avec succès pour la candidature de Botha qui offrit à son ami trois des neufs ministères du nouveau cabinet, ceux de l’intérieur, des mines et de la défense. Smuts était de facto le plus puissant ministre du gouvernement signifiant qu’un tandem allait gouverner l’Union sud-africaine. Une fois le cabinet constitué, il restait à lui donner une assise populaire. Les électeurs devaient désigner les premiers députés sud-africains. À cette fin, il fallait réformer le « Het Volk ». Smuts prit contact avec les petits partis afrikaans de chaque province pour former avec « Het Volk » un bloc unique face aux unionistes britanniques. Il obtint le ralliement de l’Afrikaner Bond et de Orangia Unie. Il obtint même le ralliement de Steyn et Hertzog à la bannière de Botha sous l’égide du tout nouveau Parti sud-africain (South African Party - SAP). Aux élections de septembre 1910, le SAP remporta 67 des 130 sièges du parlement. Smuts était confirmé au poste de vice premier ministre de Louis Botha. Le tandem du Transvaal commença à gouverner le pays. Cette domination transvaalienne commença rapidement à irriter les Afrikaners des autres provinces ainsi qu’à menacer l’unité gouvernementale. Henry Charles Hull, le ministre des finances, fut le premier à être démis de ses fonctions à la suite d’une mésentente au sein du cabinet. Smuts récupéra alors son ministère, sans la moindre expérience en la matière, détenant alors quatre portefeuilles importants. Il commença de nouveau à être la cible de quolibets et de caricatures où l’Afrique du Sud finissait par être qualifiée de « démocratie en dépit de Jan Smuts » (a democracy, with due apologies to Jan Smuts). Dans ce même gouvernement, James Barry Hertzog rongeait son frein au ministère de la justice. Il refusait l’anglophilie dominante au sein du cabinet et dans lequel il incluait Smuts. Excédé par ses critiques, Botha lui proposa de se soumettre ou de se démettre. Hertzog refusa l’ultimatum conduisant Botha à dissoudre le cabinet pour démettre son ministre, faisant d’Hertzog, un martyr de la cause afrikaans. A la conférence du SAP au Cap en 1913, Hertzog et Christiaan de Wet tentèrent de faire mettre Botha et Smuts en minorité pour les faire remplacer par Marthinus Steyn. En dépit des discours passionnés de de Wet et d’Hertzog sur l’influence étrangère, leurs motions furent rejetées à une grande majorité amenant les perdants à quitter bruyamment la conférence et le parti. Ces derniers formeront en 1914 le Parti national. Quand la Première Guerre mondiale éclata, Smuts proposa immédiatement une assistance militaire au Royaume-Uni à la fureur des nationalistes afrikaners. En juillet 1915, Smuts prit le commandement des troupes d’invasion du Sud-Ouest Africain allemand puis de celles de l’Est africain allemand où ses troupes conquièrent Dar es Salaam. En mars 1917, il conduisit la délégation sud-africaine au Royaume-Uni lors de la conférence impériale sur la guerre et entra dans le cabinet de guerre de David Lloyd George, le premier ministre britannique. C’est à cette époque qu’il contribue grandement à la création de la Royal Air Force (RAF) en 1918. En 1919, Smuts représentait l’Afrique du Sud à la conférence de paix de Paris où il plaida la réconciliation entre allemands et français tout en approuvant le principe des réparations des dommages de guerre. Il fut aussi l’un des artisans de la création de la Société des Nations, en dépit de ses réticences concernant la montée en puissance de l’influence américaine. Il plaida pour que les anciennes colonies allemandes soient désormais gérés par des mandats délégués par la future SDN. Après la signature du traité de Versailles, de Paris, Smuts se rendit en Angleterre où plusieurs cérémonies en son honneur étaient organisées. Le premier ministre Lloyd George lui demanda d’être ambassadeur de Grande-Bretagne aux États-Unis alors des hommes politiques lui suggérèrent de se présenter aux élections pour siéger au parlement britannique où il prendrait la direction d’un groupe politique. Des propositions diverses lui sont faites de la présidence de la société des nations à l’organisation de la lutte contre le bolchevisme. En Afrique du Sud, les nationalistes et de nombreux journaux, pour des raisons souvent différentes, estimaient publiquement que Smuts avait davantage sa place en Europe qu’en Afrique du Sud et qu’il ne devait pas revenir. Mais Smuts était trop attaché à sa terre natale. Sa notoriété internationale ne pouvait, selon lui, que bénéficier à l’image de l’Afrique du Sud, aux intérêts de son pays et de ses concitoyens. Il revint alors à Pretoria au moment où Louis Botha devint sérieusement malade. Louis Botha mourut en août 1919 et Smuts, son ami et compagnon d’armes des 20 dernières années, fut naturellement appelé par le gouverneur-général pour lui succéder au poste de premier ministre.

Ses longs séjours en Europe durant la Première Guerre mondiale l’avaient déconnecté de ses concitoyens. Ceux-ci n’aspiraient pas aux vélléités internationalistes de Smuts mais étaient dans l’ensemble assez isolationnistes. Alors que Smuts avait de grandes ambitions internationales pour l’Afrique du Sud, ses concitoyens blancs voulaient au contraire que leur gouvernement se préoccupe non des affaires du monde mais des problèmes internes à l’Afrique du Sud. Quand Smuts protesta contre les mesures imposés à l’Allemagne par le traité de paix, Hertzog et les nationalistes lui reprochèrent de plus s'intéresser aux dommages et réparations que devaient ce pays qu’à l’Afrique du Sud et ses habitants durement touchés par la récession qui avait suivi la fin de la guerre. Ils lui reprochèrent également les engagements qu’il avait pris pour aider l’Empire britannique et son allégeance à ce dernier en cas de guerre. Alors qu’il était accaparé par les dossiers internationaux, ses détracteurs lui reprochaient de ne rien faire pour lutter contre la récession économique interne, la baisse des salaires et la montée du chômage alors que de plus en plus de "natifs" (les noirs), main-d’œuvre à bon marché, étaient employés dans les mines à la place de mineurs blancs. En somme, il lui était reproché de se désintéresser du sort de ses concitoyens. Par ailleurs, d’importants troubles sociaux éclataient à la même époque dans les villes, souvent sous l’impulsion d’activistes communistes qui poussaient les mineurs blancs à se révolter pour abattre le capitalisme responsable, selon eux, de leurs mauvaises conditions de travail. Les noirs eux-mêmes se rebellaient pour réclamer des salaires plus importants ou pour refuser de payer les impôts, notamment dans le Witwatersrand, berceau de la contestation ou dans le Sud-Ouest Africain. Smuts ne toléra aucune résistance ou contestation de la part des noirs, exprimant l’opinion dominante des blancs (d’Afrique du Sud et d’ailleurs) selon laquelle ces derniers étaient les maîtres et les noirs les serviteurs. Ainsi, à Port Elizabeth, 68 grévistes noirs furent abattus par la police alors que dans le Witwatersrand, ils étaient ramenés au travail par la force. Dans le Sud-Ouest Africain, Smuts envoya l’aviation bombarder les insurgés ce qui lui valu une protestation sans suite de la Société des Nations. Hertzog, pourtant généralement peu suspect d’empathie envers la cause des noirs, dénonça la violence de Smuts envers ceux-ci, révélatrice de son incompétence. En fait, Smuts se révélait impatient avec les problèmes communs de la politique interne, qui pour lui, restaient des dossiers mineurs par rapport aux grands dossiers internationaux qu’il avait à traiter. En interne, ses réactions se révélaient donc brutales et il se montrait méprisant envers les gens et interlocuteurs qu’il n’estimait pas à non niveau intellectuel alors qu’à l’étranger, il était connu et apprécié pour sa pondération, sa patience, son intelligence et sa courtoisie. Sa longue et assidue fréquentation des élites européennes l’avait rendu quasi-inapte à pouvoir exprimer et faire ressentir ses qualités humaines aux catégories populaires que constituaient la majorité des habitants de l’Afrique du Sud, quelque soit leur race ou origine ethnique. Souffrant régulièrement de crises de paludisme, Smuts avait par ailleurs prématurément vieilli ce qui contribuait à son humeur souvent irritable, taciturne, morose parfois même exprimant un profond pessimisme. Alors que Louis Botha dégageait un charisme naturel qui le rendait populaire auprès de ses concitoyens, Smuts devait au contraire passer le seuil de la méfiance qu’il leur inspirait et encore plus déployer d’efforts pour convaincre ses interlocuteurs et les audiences sud-africaines à laquelle il s’adressait. Il était ainsi le parfait opposé d’un Hertzog lequel était considéré comme un homme ordinaire d’intelligence moyenne mais tellement plus affable et proche du citoyen blanc lambda. Aux élections générales du 20 mars 1920, Smuts se retrouvait face ainsi à une forte opposition acharnée à le faire battre. À la tête du parti sud-africain, Smuts pensait néanmoins qu’il vaincrait facilement mais les débuts difficiles de sa campagne dans sa circonscription de Pretoria-ouest lui firent comprendre que la partie n’était pas gagnée. Au soir des élections, si Smuts était réélu dans sa circonscription, le parti national de James Barry Hertzog était devenu le premier parti du parlement ce qui équivalait à un échec pour Smuts. Sans parti détenant néanmoins la majorité absolue au parlement, Smuts pouvait espérer barrer la route des Union Buildings à Hertzog en obtenant le soutien du parti travailliste et des Unionistes. Au jeu des alliances, Smuts l’emporta sur Hertzog en obtenant le soutien des unionistes, il occupa donc à nouveau le poste de premier ministre d’Afrique du Sud. En 1921, le ralliement des Unionistes au parti sud-africain permet à Smuts d’organiser des élections anticipées et d’obtenir la majorité absolue. Il obtient le soutien du parti travailliste dont des membres sont nommés au gouvernement.

En 1922, les grands centres miniers du Witwatersrand entrèrent en ébulition. Les mineurs blancs, essentiellement des afrikaners, avaient bénéficié de la prospérité et de la croissance mondiale de leur secteur d’activité durant la première guerre mondiale. Au début des années 20, cette prospérité était retombée et pour abaisser les coûts de production, les directeurs des mines et les responsables des grands groupes miniers commençaient à recruter d’avantage de noirs pour des salaires moins élevés que ceux des mineurs blancs. Ces derniers, dont un certain nombre connaissait des problèmes financiers ou qui avaient été licenciés, n’acceptèrent pas cette arrivée massive des noirs sur leur secteur d’activité. Alors que les magnats miniers s’organisaient dans la chambre des mines pour faire face aux revendications salariales des ouvriers, les syndicats miniers se regroupaient au sein d’une fédération industrielle. Les mineurs étaient prêt à se mettre en grève alors que leur revendications salariales et raciales étaient soutenus par des activistes bolcheviks et le parti communiste de W. H. Andrews, appelant à renverser les capitalistes et à prendre le pouvoir, sous la bannière du slogan "Ouvriers de tous pays, unissez-vous pour une Afrique du Sud blanche". Le gouvernement de Smuts, fidèle à sa philosophie libérale, n’était encore jamais intervenu pour apaiser les tensions entre la chambre des mines et les syndicalistes. Au jour de l’an 1922, les mineurs commencèrent à se mettre en grève suite à la réduction de leur salaire horaire. Une dizaine de jours plus tard, les directions des mines, d’un commun accord, décidèrent alors de recruter encore davantage de mineurs noirs pour suppléer à la carence des grévistes provoquant l’arrêt de travail de plus de 20 000 mineurs blancs et des ingénieurs des mines. Smuts commença alors à tenter une médiation mais son impopularité parmi les mineurs, qui n’avaient pas oublié son rôle pour empêcher la rébellion afrikaner de 1914, l’empêchait d’être efficace. Les syndicalistes refusèrent ainsi de négocier par son entremise. Smuts détestait les idéologies communistes et socialistes. Méfiant envers les mouvements de masse notamment ouvriers, il en était venu à se rapprocher des grands propriétaires des mines et des capitalistes pour qui, au début, il n’avait pas une grande affinité. Ainsi, bien qu’ayant proclamé son impartialité, il prit parti malgré lui pour la chambre des mines en demandant la reprise du travail au nom du maintien de l’ordre public. L’épreuve de force se déplaça ainsi vers une confrontation entre le gouvernement et les mineurs. Ces derniers, déjà soutenus par les communistes, reçurent le soutien discret mais non inactif des nationalistes afrikaners, notamment du parti national de James Barry Hertzog. Par le biais notamment de Tielman Roos, leader du parti au Transvaal, il fit connaître sa sympathie aux grévistes pour leurs revendications. Roos n’hésita pas à affirmer publiquement et fortement son soutien, qualifiant Smuts d’« agent de la chambre des mines ». Il suggéra ainsi que les mineurs, les Afrikaners et la République sortiraient vainqueur de la confrontation avec les intérêts britanniques et juifs, principaux propriétaires des mines qui n’avaient « rien à faire de l’Afrique du Sud ». La chambre des mines refusa alors la négociation avec la fédération industrielle. Les grévistes, certains en armes, commencèrent alors à défiler massivement dans les rues des villes minières du Rand, bloquant les artères principales. A Boksburg, la foule refusa de se disperser malgré les injonctions de la police. Celle-ci chargea les manifestants, les violences commencèrent. Les jours suivants, ils défilèrent en chantant "le drapeau rouge", l’hymne de leur révolution. La police leur tira dessus. Les évènements amenèrent Roos à exiger une enquête sur le comportement de la police ce que Smuts refusa. Le 6 mars 1922, la fédération industrielle déclara alors la grève générale et appela à l’aide tous les syndicats du pays. Les exactions des grévistes commencèrent à ensanglanter le Witwatersrand. Des journaliers noirs étaient assassinés tout comme des représentants de la direction des mines. Aussi, au bout de deux mois de tensions, Smuts considéra que les grévistes venaient de montrer leur véritable visage et de mettre à jour leur dessein, celui de répandre une terreur rouge en Afrique du Sud pour aboutir à une révolution communiste. Le premier ministre déclara que l’ordre serait maintenu dans le pays et refusa toute négociation ou compromis avec les leaders syndicaux. Il réquisitionna l’armée afin de rétablir l’ordre dans le Witwatersrand, arma la police à qui il donna l’autorisation de tirer et proclama la loi martiale le 10 mars. Deux jours plus tard, Smuts était lui-même l’objet d’une tentative d’assassinat près de Potchefstroom par un groupe extrémiste lié aux grévistes. Parvenant à fuir avec son chauffeur, il gagna Johannesburg en automobile, forçant les barrages des mineurs, sous les balles tirés par les grévistes. Les pneus ayant été crevés, la voiture finit par stopper. Des coups de feu furent échangés entre Esselen, le secrétaire de Smuts, et les grévistes qui reculèrent. Smuts parvint néanmoins à rejoindre le quartier général des forces de police de Johannesburg, après avoir été notamment menacé à bout portant par le fusil d’un gréviste qui finalement renonça à tirer. À ce moment, l’ensemble du Reef (la zone minière du Rand) est sous le contrôle des insurgés, bien armés et bien organisés. Le centre de Johannesburg était par contre encore sous le contrôle de l’armée. La population civile était, elle, terrorisée alors que les propriétaires des mines se calfeutraient au sein du Rand Club, eux aussi armés et prêt à résister à un siège. Smuts organisa lui-même la contre-offensive pour soumettre les insurgés. Il réorganisa et concentra l’ensemble des forces de police qu’il lança à l’assaut du quartier général des insurgés. Il ordonna à l’aviation de bombarder les centres de résistance tandis que les renforts militaires commençaient à affluer dans le Witwatersrand. Les insurgés résistèrent avec courage à Benoni, Boksburg, Brixton, et Langlaagte mais Smuts fut alors sans pitié. un baroud d’honneur eu lieu à Fordsburg. Après avoir évacué les femmes et les enfants de la ville et lancé un ultimatum, Smuts fit alors quasiment raser sous les bombes l’école où s’étaient réfugiés les derniers résistants. Le 18 mars au soir, la révolution du Rand était terminée. Près de 200 personnes avaient été tuées, principalement des mineurs et des policiers. Plus de mille autres individus avaient été blessés. Si 1500 mineurs furent licenciés, d’autres comparurent devant les tribunaux. Certains furent déportés et d’autres exécutés pour faits d’homicides. Quelques uns, condamnés à mort, furent finalement graciés. Les mineurs blancs furent alors obligés d’accepter les conditions de travail imposés par le patronat blanc, que ce soit la baisse des salaires et le recrutement plus important de noirs dans les mines. Néanmoins, pour apaiser les rancœurs des mineurs, le gouvernement adopta une loi sur les emplois réservés aux blancs dans le secteur minier et l’industrie. Fier d’avoir maté les insurgés et d’avoir reçu à l’occasion le soutien des commandos des jeunes fermiers du Transvaal qui avaient ramené l’ordre public au côté de l’armée et de la police, Smuts pensait recevoir la gratitude de l’ensemble de l’opinion publique pour avoir mis fin aux troubles. L’opposition nationaliste se déchaîna contre lui, pointant le coût humain de la répression, les moyens employés et les dégâts matériels occasionnés dans les mines et les villes. En plein parlement, Hertzog interpela Smuts, le déclarant responsable des troubles et du bain de sang pour n’avoir pas su négocier avec les mineurs et gérer les grévistes. Les partisans de Smuts se déchaînèrent violemment à leur tour contre Hertzog obligeant le speaker de la chambre à interrompre la session parlementaire. Les pasteurs prirent position dans leurs églises contre « Smuts le sanglant ». Les travaillistes considéraient maintenant Smuts comme l’ennemi de la classe ouvrière et l’agent des conglomérats miniers. Leur alliance était désormais compromise. Au moment où Smuts était l’objet d’une véritable vindicte politique en Afrique du Sud, il s’en alla en Angleterre pour participer à une conférence impériale. L’Allemagne avait cessé de payer les réparations qu’elle devait et en conséquence la France venait d’envahir la Ruhr. Smuts prit partie contre la France l’accusant d’être une menace pour la paix et demanda l’organisation d’une grande conférence internationale et la révision du traité de Versailles afin que l’Allemagne ne soit pas asphyxiée financièrement et puisse se relever. Les journaux français s’en prirent violemment à Smuts l’accusant d’être un agent de l’Allemagne. L’intervention de Smuts est en fait mal accueillie par ses partenaires de l’empire, que ce soit les Canadiens et les Australiens, étonnés de voir un premier ministre d’un dominion d’outre-mer se mêler d’affaires internes à l’Europe sans consulter les ministres britanniques compétents sur le dossier. Les détracteurs de Smuts en Afrique du Sud en profitèrent pour relever que Smuts apparaissait encore une fois sur la scène internationale comme un agent du gouvernement britannique et de la chambre des mines et qu’il préférait gérer les affaires européennes et se désintéressait des intérêts du peuple sud-africain. Dans le même temps, Tielman Roos avait mené une campagne très active contre Smuts dans les villes et villages du Transvaal alors que le pays connaissait encore la récession économique obligeant le gouvernement à réduire les dépenses publiques alors que bon nombre de fermiers étaient acculés à la ruine. C’est dans un tel contexte que se profilèrent les élection générales en 1924. La défaite de Smuts fut générale. Non seulement, les nationalistes de James Barry Hertzog, alliés aux travaillistes, l’emportaient sur le parti sud-africain mais Smuts lui-même était très difficilement réélu dans sa circonscription de Pretoria-ouest.

Bien que sceptique sur l’avenir d’un gouvernement alliant des fermiers conservateurs et des anglophones socialistes, Smuts décide de prendre du retrait de la vie politique, convaincue néanmoins d’être rapidement rappelé par les électeurs et toujours inconscient du rejet populaire dont il faisait l’objet dans la communauté afrikaner. L’embellie de l’économie et le retour de la prospérité mirent un terme aux espoirs de Smuts d’un retour rapide aux affaires. Smuts perdit alors de sa superbe assurance qui avait contribué à son impopularité. Blessé dans sa fierté de ne pas avoir réussi là, où semble-t-il, Hertzog accumulait les succès, il se réfugia dans l’introspection et l’écriture. En 1926, il écrit ainsi un ouvrage (devenu de référence) sur le Holisme et l’évolution : "Holism and evolution. À la frontière de la science et de la philosophie, il y propose d’entreprendre une réforme des concepts fondamentaux à la lumière d’un facteur qu’il appelle « holisme » et qui sous-tend la tendance synthétique de l'Univers. Ce fut ensuite qu’il décida de reprendre le combat politique dans un état d’esprit offensif, décidé à reconquérir l’électorat. Il reprit alors la direction du parti sud-africain et de l’opposition au parlement, attentif à démontrer qu’un nouveau Smuts, plus patient et plus attentif aux problèmes quotidiens des sud-africains, avait émergé depuis la défaite électorale de 1924. C’est ainsi qu’il démontra une grande impassivité face aux attaques personnelles dont il était l’objet lors des débats parlementaires, préférant souvent répondre avec une ironie désarmante pour ses adversaires politiques. Il se fit alors le chantre de la modération en politique. Lorsque Hertzog, qui avait renoncé à imposer la république en vertu de son pacte politique passé avec les travaillistes de Frederic Creswell, proposa qu’un nouveau drapeau propre à l’Afrique du Sud, soit adopté pour remplacer le Red Ensign et l’Union Jack, la crainte fut que ne soit de nouveau attisé l’antagonisme entre Anglophones et Afrikaners. Smuts se rallia à la proposition du secrétaire britannique aux Dominions pour que l’Afrique du Sud soit doté de deux drapeaux, l’un étant le drapeau britannique et l’autre, un emblème propre à l’Afrique du Sud. Smuts entreprit alors, non sans mal, un tour du pays pour convaincre les Afrikaners alors que ses meetings étaient sans cesse perturbés par des partisans d’Hertzog. Le gouverneur-général, craignant un début de guerre civile, convainquit Herzog et Smuts de se rencontrer en tête-à-tête pour trouver un compromis. Au final, au côté du drapeau britannique, l’Afrique du Sud était dotée d’un drapeau national figurant par ailleurs l’Union Jack et les drapeaux des deux anciennes républiques boers. Le compromis et la modération l’avaient ainsi emportés sur la passion et le nationalisme. En 1929, Smuts dirige l’opposition lors des élections générales. Hertzog personnalise les débats entre lui et Smuts. Le premier ministre sud-africain sait que la répression de 1922 contre les ouvriers afrikaners du Rand est encore vive dans les mémoires. Il n’hésite pas durant la campagne à pointer l’âge de Smuts et à le présenter comme un vieillard aux idées démodées. Utilisant son bilan économique et le patriotisme afrikaner à son avantage, il pointe les positions trop anglophiles de Smuts, n’hésitant pas à accuser ce dernier de vouloir promouvoir l’égalité des droits entre Noirs et Blancs en Afrique, y compris en Afrique du Sud. La campagne de Hertzog connaît le succès escompté et Smuts et le parti sud-africain sont nettement battus. Défait mais moins humilié que par les résultats de l’élection de 1924, Smuts n’en est pas moins décontenancé de constater que l’électorat ne lui fait toujours pas confiance et qu’il doit rester encore dans l’opposition pour plusieurs années. Il décide de prendre encore une fois du recul et entame pour plusieurs mois des conférences en Angleterre et en Amérique du Nord. Son accueil est très enthousiaste en Grande-Bretagne, contrastant toujours avec celui des sud-africains. Invité du Roi, il reçoit plusieurs distinctions académiques et effectue des conférences devant de larges audiences. Il est alors beaucoup sollicité par de hommes politiques, avides de ses conseils, sur divers grands sujets internationaux du moment comme les situations politiques en Inde et en Irlande où la situation critique du mandat britannique en Palestine. Il reçoit un pareil accueil du public aux États-Unis d’Amérique où il est reçu par le président Herbert Hoover et par les sénateurs américains. De retour en Afrique du Sud, il s’oppose à une loi restreignant l’immigration des juifs d’Europe. Ses détracteurs le surnomment alors « roi des juifs » et l’engagent à aller gouverner la Palestine. Au début des années 30, la crise économique mondiale avait rattrapé l’Afrique du Sud et plongé le pays dans la récession économique. Les fermiers, principaux soutiens du parti national, étaient acculés à la ruine et étaient montés contre le gouvernement d’Hertzog d’autant plus que la devise sud-africaine continuait à être indexée sur l’or, plombant les exportations de l’Afrique du Sud. La dépression emportait tous les secteurs économiques du pays, y compris ceux qui avaient été les plus florissants. Smuts vit enfin sa chance lui permettant de venger les attaques dont il avait été si souvent l’objet de la part des élus du parti national. Il s’en prit vigoureusement au gouvernement dans un style identique à celui d’Hertzog à son encontre en 1924, dénonçant l’incompétence, la corruption et le népotisme qui régnait au plus haut sommet de l’État. Il mit en accusation le gouvernement pour le mauvais état de l’industrie, de l’agriculture, des banques, pour le chômage, la hausse des impôts, le déficit budgétaire astronomique et les faillites successives. Pour une fois, Smuts avait l’opinion publique avec lui notamment quand il enjoignit Hertzog de suivre l’exemple de la Grande-Bretagne et de rejeter l’étalon-or pour sauver le système économique sud-africain. La victoire d’un jeune partisan de Smuts à l’élection partielle de Germiston, bastion traditionnel du parti national, confirma que le vieux général avait pris l’avantage politique sur son grand adversaire politique. Tielman Roos, qui s’était lui-aussi éloigné de la vie politique, refit soudainement surface, non pour soutenir Hertzog, mais pour l’accabler et demander sa démission. Roos voulait simplement sa place et engageait les sud-africains à suivre une troisième voie. Il tenta de convaincre Smuts de faire alliance avec lui et surtout derrière lui. Smuts refusa, méfiant des méthodes et du savoir-faire politique de Roos dont il avait autrefois fait la cruelle expérience. Mais la possibilité que Roos parvienne à ses fins effrayait Hertzog et celui-ci décida enfin de désindexer l’Afrique du Sud de l’étalon-or. La relative prospérité qui s’ensuivit quelque temps fut suffisante pour couper Roos dans son élan vers le pouvoir mais insuffisant à rétablir la popularité du gouvernement et la stabilité du parti national, particulièrement divisé. À l’approche des élections, Smuts était assuré du soutien au parti sud-africain de toutes les régions côtières à commencer par les grandes villes ainsi que la majorité de la province du Cap et du Natal. Il pouvait compter sur le soutien actif des anglophones ainsi que des financiers de Johannesburg qui se souvenaient que Smuts avait très tôt proposé de rejeter l’étalon-or. Hertzog ne pouvait plus compter que sur les petites villes et zones rurales du Transvaal et de l’État libre d'Orange. Hertzog doutait de plus de la loyauté de ses ministres et de ses élus. La grogne contre lui était forte au sein du parti national.

La crise économique des années 30 finit par rattraper cependant l’Afrique du Sud. En 1934, Hertzog est contraint de faire appel à Smuts pour former un gouvernement d’union nationale. Le parti sud-africain fusionne alors avec le Parti national d’Hertzog dans un Parti Uni (UP).

En 1939, il est partisan de l’entrée en guerre contre l’Allemagne nazie au contraire d’Hertzog. La victoire de Smuts au parlement pour faire voter cette entrée en guerre scelle le sort du gouvernement d’union nationale et Smuts prend la tête d’un nouveau gouvernement qu’il cumule avec le poste de ministre de la défense. Durant la Seconde Guerre mondiale, il engage les forces sud-africaines en Somalie italienne, à Addis-Abeba puis en Égypte et en Libye où elles participent à la bataille d’El-Alamein en septembre 1942. Très proche de Winston Churchill, il accède alors au rang de Field Marshal (maréchal). Présent sur le front en Europe, il confie à Jan Hendrik Hofmeyr, son ministre des finances, le soin de gérer les affaires courantes en Afrique du Sud. À la fin de la guerre, Smuts est l’un des signataires du traité de paix de 1945. Il contribue activement à la formation de l’ONU. C’est ainsi qu’il rédige le préambule de sa charte, n’y voyant pas de contradiction fondamentale entre les principes universels mentionnés et la politique de ségrégation qu’il défend en Afrique du Sud et qu’il entend d’ailleurs réformer. Il énonce en effet le principe des « droits civils pour tous les peuples "devenus civilisés" sans distinction de race » et mandate une commission chargée de faire des propositions en la matière. Jan Smuts donna son approbation aux conclusions du rapport de ladite commission (la commission Fagan) laquelle préconisait une libéralisation du système racial en commençant par l’abolition des réserves ethniques ainsi que la fin du contrôle rigoureux des travailleurs migrants. De son côté, le Parti national avait mandaté sa propre commission (la commission Sauer) dont les conclusions, en se référant au nouveau concept d’apartheid, furent exactement inverses de celles de la commission Fagan. En 1948, Smuts décide de solliciter un nouveau mandat au poste de premier ministre et fait campagne au côté d’Hofmeyr, présenté comme son successeur désigné. Contre toute attente, bien que majoritaire en voix, le Parti uni est battu en nombre de sièges aux élections générales par l’alliance du Parti national de Daniel Malan et du parti Afrikaner de Nicolaas Havenga. Jan Smuts est lui-même battu dans sa propre circonscription.

Smuts se retire dans sa résidence d’Irene près de Pretoria. Il est alors élu chancelier de l’université de Cambridge, le premier étranger élu à ce poste. En octobre 1948, le décès soudain de son fils, Japie Smuts, est une épreuve douloureuse qu’il supporte difficilement. Il prend encore le temps de s’intéresser à la vie publique et commente l’actualité internationale et nationale, déplorant notamment le retrait de l’Irlande du Commonwealth et le maintien en son sein de l’Inde. Le 29 mai 1950, il est victime d’une thrombose coronarienne. Il meurt le 11 septembre 1950 dans sa résidence d’Irène. Il est enterré à Pretoria le 16 septembre 1950.

L’aéroport international de Johannesburg inauguré peu après sa mort, porta son nom jusqu’en 1995 (Jan Smuts Airport).

De très nombreuses artères continuent de porter son nom en Afrique du Sud et des statues à son effigie se dressent dans les centres de Le Cap, Pretoria et Londres.

Botaniste amateur, de nombreuses plantes endémiques à l’Afrique du Sud ont été baptisées à partir de son nom.

Un kibboutz en Israël a été baptisé en son honneur pour le remercier de ses discours dénonçant l’antisémitisme.

On se souvient aussi de lui pour l’invention de la théorie de l’holism (holisme) popularisé par son ouvrage de 1926 Holism and evolution. S’il a été l’un des premiers à utiliser le mot d’apartheid dans un discours public prononcé en 1917, il n’a jamais été le concepteur ni l’élaborateur de cette doctrine de ségrégation institutionnelle, élaborée dans les années 30 et 40 et qu’il a combattue lors des élections de 1948 contre le parti national.

Des bâtiments universitaires portent son nom à l’université du Cap ("Smuts Hall") et à l’université de Rhodes, près de Grahamstown.

En 2004, lors d’une grande enquête nationale, il était cité dans les dix plus grands sud-africains de tous les temps (à la place n°6 lors de la première enquête). Il demeure l’un des hommes politiques blancs sud-africains les plus connus et les plus respectés du pays.
Biographical Information
Jan Christiaan Smuts
(At a Glance)
: male
Interests: Politique, Culture, Art, Sport
Place of Origin: South Africa
Jan Smuts est né le 24 mai 1870 dans une famille afrikaner de Bovenplaats près de Riebeeck West, district de Malmesbury dans la colonie du Cap. Fils cadet d'une famille de 6 enfants, ses ancêtres sont des Néerlandais du côté paternel et des huguenots français du côté maternel.

Son père, Jacobus Abraham Smuts, était un fermier, mais aussi un notable, plus tard député de la circonscription de Malmesbury au parlement de la colonie du Cap. Sa mère, née Catherina Petronella, était la sœur du prédicateur de l'Église réformée hollandaise. De bonne éducation, cultivée, musicienne, elle avait appris le français au collège du Cap ce qui en faisait une érudite pour l'époque notamment au sein de sa communauté rurale.

En 1878, la famille Smuts déménagea à Klipfontein, une vingtaine de kilométres plus loin.

Fils cadet, la coutume voulait donc que la ferme familiale revienne, à la mort du patriarche au fils ainé de la famille et non à Jan. C'est pourquoi, souvent, seule l'éducation de l'ainé était la plus poussée. Mais en 1882, Michiel, le fils ainé des Smuts, meurt de la typhoïde mettant Jan en 1re position de succession. Âgé de 12 ans, il fut alors envoyé à l'école de Riebeek West. Après toute une enfance passée dans un environnement rural, conservateur et afrikaner, ne parlant pas anglais et d'éducation rudimentaire, il se retrouvait avec un grand retard à rattraper. Mais après seulement quatre années d'école, il avait non seulement comblé son retard sur ses camarades, mais obtenait dorénavant de meilleurs résultats qu'eux. Lors des examens de fin de scolarité, ses résultats étaient les deuxièmes meilleurs de toute la colonie.

À l'âge de 16 ans, en 1886, il se présenta à l'examen d'entrée du prestigieux collège afrikaans de Victoria à Stellenbosch et fut reçu. Il passa cinq années dans ce collège où il se fit remarqué par son excessive timidité, un comportement très studieux, sans vie sociale, se tenant volontairement à l'écart des autres étudiants. Autodidacte, il apprit le hollandais sans recourir à un professeur. Il fit de même avec l'allemand, le grec ancien afin d'étudier les lettres classiques dans le texte. Le dimanche, il ne manquait aucun service religieux, lisait la Bible aux enfants métis et effectuait de très longues promenades et randonnées solitaires à travers le veld sud-africain.

Il finit cependant par sortir de sa réserve et commença à écrire dans le magazine du collège et à participer à des débats politiques. Il devint ainsi le président de la société de débat du collège. C'est dans ces conditions, en 1888, qu'il fut amené à écrire et prononcer le discours de bienvenue à Cecil Rhodes, en visite au collège et, à l'époque, potentiel premier ministre de la colonie. Smuts rédigea un discours sur le panafricanisme proche des idéaux de Rhodes, partisan de l'union africaine sous l'égide du Royaume-Uni.

Jan Smuts En 1891, Smuts fut diplômé avec mention en littérature et en science. Âgé de 21 ans, il obtint alors une bourse d'études pour étudier le droit au Christ's College de l'Université de Cambridge en Angleterre.

À Cambridge, plus âgé de deux à trois ans que ses condisciples, il est encore isolé. Isolation accentuée par ses origines sociales et culturelles. Il vivait de plus dans des conditions modestes, la bourse ayant été insuffisante et diminuée de moitié à cause d'une erreur de la banque. Il avait dû utiliser toutes ses économies pour payer le voyage vers l'Angleterre et y vivait presque de la charité de ses anciens amis et professeurs de Stellenbosch dont J.I. Marais, enseignant en théologie. Pour remercier ce dernier, à son retour au Cap, Smuts prit une assurance-vie dont il fit de Marais le bénéficiaire.

Smuts participa néanmoins au journal du collège et à sa société des débats sans réellement se créer beaucoup d'amis, juste des relations.

En 1893, il gagne le prestigieux prix George Long en droit romain et jurisprudence. Il est à l'époque décrit par le Professeur FW Maitland, comme l'un des plus brillants étudiants en droit qu'il ait rencontrés.

En 1894, il est diplômé, mais au lieu de suivre une prestigieuse carrière en droit qui s'annonce pour lui en Angleterre, il préfère revenir dans la colonie du Cap. (source wikipedia)



More Repertoire

South Africa, Botswana, Soccer
South Africa, Soccer, Botswana

Le top des actualités des actualités