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Sylvie Kinigi
Sylvie Kinigi

Burundi

Sylvie Kinigi née en 1952 à Mugoyi au Burundi fut Premier Ministre de Burundi du 10 juillet 1993 au 7 février 1994. Elle reste la première et la seule à avoir accédé à ces fonctions au Burundi.


Plus de utilisateur: miba
Creer: 30th Jun 2008
Modifier: 14th Jul 2008
Edit | Report as Abusive |
Professional Information
Position:
Première Ministre
Working primarily in:
Burundi

Description of Work:
Kinigi devint alors, conseiller senior au bureau du premier Ministre, traitant de la politique économique , en charge des réformes économiques.

Kinigi eut la tâche très difficile d'avoir à faire face au déficit budgétaire en effectuant des coupes sombres dans les fonds de l'armée dominée par les Tutsi qui pendant longtemps ont eu un traitement préférentiel.

Une part clé de son poste 1992 et 1993 fut de marchander des aides avec les donateurs de l'Ouest afin d'entraîner des changement économiques au Burundi. En effet, ce pays, qui fut une colonie allemande à partir du 6 juin 1903 puis sous mandat Belge après la conférence de Versailles en 1919 a une économie lourdement dépendante des exportations de café et de thé.

Kinigi considéra ce poste comme très important pour elle et pour le pays. La façon dont elle gérait ces réformes économiques influencerait sur la vie de millions de pauvres Burundiens.

Après un premier soulèvement en août 1988 qui causa la mort de 20 000 personnes, le président Buyoya, militaire, du parti de l'Union pour le progrès national UPRONA, chef du gouvernement de type militaire chargea une commission de trouver une solution pour mettre fin à la violence du pays.

En 1992, cette commission de médiation rédigea une nouvelle constitution, approuvée par le Président Pierre Buyoya qui était Tutsi. Le nouveau texte prévoyait la mise en place d'un gouvernement non ethnique, avec un Président et un Parlement.

Au début de l’année 1993, l’ancien Président Pierre Buyoya affirmait haut et fort qu’il fallait organiser des élections à tout prix. Les résultats des élections furent imputés aux hutu « qui auraient voté "ethnique".

Quand Melchior Ndadaye du parti du Front pour la démocratie au Burundi; FRODEBU , lui-même Hutu, fut élu Président du Burundi en juin 1993 avec 66% des voix, il nomma Kinigi comme Premier Ministre. Cela faisait partie de sa stratégie de construire une unité entre les deux principales ethnies du Burundi — Ndadaye était un Hutu qui souhaitait diminuer l'hostilité des Tutsi de son administration en nommant une Tutsi comme Premier Ministre. La nomination de Sylvie Kinigi a suivi de moins d'un mois celle de Agathe Uwilingiyimana comme premier ministre dans le Rwanda voisin.

Les choses étaient rendues compliquées par le fait que Kinigi était membre du Parti politique (parti de l'Union pour le progrès national) dominé par les Tutsi du précédent Président Pierre Buyoya, l'ancien officier militaire que M. Ndadaye avait battu aux élections de juin 1993 (BBC Summary of Foreign Broadcasts,1993b). Beaucoup ont spéculé sur le fait que le Président sortant Buyoya avait explicitement demandé que le nouveau Président Ndadaye nomme Kinigi au poste de premier ministre.

Kinigi quant à elle, a considéré que cette réconciliation entre les deux groupes ethniques était sa plus haute priorité dans sa fonction de premier ministre afin de pouvoir construire un plan de développement économique au Burundi.

Le 21 octobre 1993, des parachutistes Tutsi envahissent le palais national et capturent et tuent le Président Ndadaye et six de ses ministres. Ce coup d'État impose le couvre-feu, coupe les lignes téléphoniques, prennent le contrôle de la radio de l'État et ferme l'aéroport international de [(Bujumbura]]. Par la suite, au moins 600000 Hutus évacuèrent vers le Rwanda voisin encouragés par les auteurs du coup d'État, et commença ainsi le massacre des Hutus. Ce coup d'État apparu largement dans l'opinion comme étant l'oeuvre de l'armée.

Ce putsch marqua le début de la guerre civile, avec l'extension d'une violence ethnique qui a éclaté.

Comme les violences continuaient, ces généraux demandèrent le 25 octobre que le Premier Ministre Kinigi et son cabinet de ministres qui avaient trouvé refuge à l'Ambassade de France dans la Capitale forment un nouveau gouvernement pour restaurer l'ordre après l'épisode des batailles ethniques.

Bien que les ministres encore à l'ambassade, se montraient méfiants sur les véritables intentions de l'armée. Le 26 octobre Kinigi s'adressa aux habitants du pays via la radio de l'État pour leur demander de la part des responsables de l'armée et du coup d'état de retourner chez eux dans leurs maisons. Kinigi fit aussi des voeux pour que ces responsables soient sévèrement punis. (Lorch, 1993).

Mais le premier ministre se trouvait elle-même chargée de la nation après ce coup d'État militaire raté.

Le 1er novembre, onze jours après ce coup d'État et l'assassinat du Président Ndadaye, le premier ministre Kinigi trouva à nouveau refuge à l'Ambassade de France pour parler aux chefs survivants dans les différentes provinces et les représentants des loyaux et des rebelles des factions Tutsi dominées par l'armée (United Press International, 1993).

Elle rejeta l'amnistie générale pour les leaders du coup d'État, en demandant qu'il y ait un jugement pour ce coup d'État. Par la suite, le premier ministre fit le voeu de mettre en place une commission spéciale pour préparer une nouvelle élection présidentielle. Elle déclara aussi qu'elle souhaitait avoir des renseignements sur les conditions du coup d'État du 21 octobre qui s'effondra ensuite. D'après la constitution Burundienne, le chef du Parlement devait assumer l'intérim en cas de mort du président. Cependant, il fut également tué dans la tentative de coup d'État, laissant Kinigi de facto en charge du gouvernement du Burundi (Watson, 1993).

Les efforts de Sylvie Kinigi pour sauver le gouvernement eurent un effet quand deux précédents présidents Tutsi, Pierre Buyoya and Jean Baptiste Bagaza, tous deux hommes forts militaires, se rallièrent derrière le gouvernement de Kinigi (Reuters, 1993). Un semblant d'ordre fut restauré, et les plans furent établis pour une nouvelle élection présidentielle.

Malheureusement, les violences ethniques continuèrent dans le pays, et Kinigi de facto à la tête du gouvernement ne put faire grand chose pour endiguer cette vague de violence, qui fut estimée à près de 100 000, un nombre significatif pour une nation de 6 millions d'habitants (Press, 1993).

Un nouveau président du Burundi Cyprien Ntaryamira du FRODEBU arriva au pouvoir pendant tout juste deux mois, du 5 février au 6 avril 1994 pour périr de mort violente dans l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana. Un gouvernement de coalition fut institué avec Sylvestre Ntibantunganya comme président intermédiaire mais qui fut incapable de ramener la paix. Le major Buyoya reprit le pouvoir par un coup d'État le 25 juillet 1996.

L'accord de paix d'Arusha fut signé par le gouvernement, alors dominé par les Tutsis et les partis politiques Hutus et Tutsis. Mais les principaux mouvements rebelles hutus refusèrent de le parapher et ne le reconnurent pas.

L'accord d'Arusha ne put mettre un terme à la guerre civile qui ensanglanta le pays pendant une décennie. Depuis 1993, les combats entre l'armée, dominée par les Tutsis, et divers mouvements rebelles hutus, ont fait quelque 300.000 morts, essentiellement des civils, selon les Nations unies.

Les Tutsis, descendants de pasteurs nomades qui forment environ 15% de la population, dominent traditionnellement le pouvoir au Burundi, généralement par le biais de putsches de jeunes officiers tutsis. Aujourd'hui, la majorité hutue reste traumatisée par le précédent tragique de 1993 lorsque le premier président hutu démocratiquement élu depuis l'indépendance de cette ancienne colonie belge en 1962, Melchior Ndadaye, fut assassiné par des extrémistes tutsis quatre mois après son arrivée au pouvoir.

Le Burundi reste un pays de 6,5 millions d'habitants de l'Afrique des Grands lacs qui tarde à émerger de cette terrible guerre civile qui a fait quelque 300.000 morts depuis 1993.

Après avoir été remplacée dans son rôle de premier ministre, Sylvie Kinigi travailla pour la Banque Centrale du Burundi, un poste qui lui convenait parfaitement du fait de sa formation économique et de sa capacité à gérer la crise, talents qu'elle a développé de façon évidente quand elle devint de facto chef de l'État après le meurtre du Président Ndadaye.

En tant que civile, Kinigi donna son opinion personnelle sur les problèmes du Burundi (Griffiths, 1994). Spécifiquement, l'ancien premier ministre est convaincue que la démocratie est venue trop vite au Burundi, et que les tensions ethniques ne pouvaient permettre un gouvernement démocratique multi-partis.

Ayant survécu à ce violent coup d'État et à cette terrible guerre, Madame Kinigi devint ainsi chef de file et porte-parole pour la paix et la réconciliation. Elle travaille actuellement comme Conseillère politique Senior et coordonnatrice de Programmes auprès du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la région des Grands lacs en Afrique.

Dernièrement, Sylvie Kinigi s’est impliquée dans la planification et la préparation du Pacte de sécurité, stabilité et développement qui comprend des programmes d’action, des projets et des protocoles, et qui a été ratifié par les dirigeants de 11 pays de la région des Grands lacs le 15 décembre 2006, à Nairobi.
Biographical Information
Sylvie Kinigi
(At a Glance)
: female
Interests: Politique, Economie, Art, Sport, Musique
Place of Origin: Burundi

Kinigi est membre de la tribu ethnique des Tutsi. Elle surmonta l'hostilité traditionnelle entre les deux ethnies en épousant un membre de la tribu Hutu — les relations ont toujours été traditionnellement pauvres entre Tutsis et Hutus. Son mari hutu, avec qui elle eut 5 enfants, mourra en 1993.

Kinigi est diplômée de l'Université du Burundi, après avoir étudié le management économique, et travailla pour le service public du Burundi jusqu'en 1991. (source wikipédia)




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