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Raymond Lema A'nsi Nzinga
Raymond Lema A'nsi Nzinga

France

Raymond Lema A'nsi Nzinga dit Ray Lema est un musicien congolais (RDC) né le 30 mars 1946.


Plus de utilisateur: miba
Creer: 27th May 2008
Modifier: 14th Jul 2008
Professional Information
Professional Areas:
Music
Working primarily in:
France

Description of Work:
En 1970, à 24 ans, Ray a déjà de nombreuses expériences derrière lui. Il intègre un groupe rock, éminemment populaire, les Yss Boys. Lorsque la formation se sépare en 1972, Ray éprouve le besoin d'approfondir ses connaissances musicales traditionnelles. Il part donc, magnétophone sous le bras, à travers son pays pendant plusieurs mois. Là, il récolte tout ce qu'il peut trouver comme sons, musiques, danses ou chants. Exerçant un véritable travail d'ethno-musicologue, il stocke sur ses bandes les innombrables sources musicales dont l'ex-Zaïre regorge. Riche de cette expérience inédite pour un musicien africain, le gouvernement lui demande en 1974 de monter et de diriger le Ballet national du Zaïre. Devant rassembler toutes les couleurs musicales du pays, Ray Lema repart sillonner les régions en quête de musiciens, et danseurs de toutes ethnies. Il crée ainsi un ballet d'une centaine d'artistes. Après un an et demi à la direction du Ballet, le gouvernement demande à Ray Lema de monter un opéra mais le manque d'argent, bloque le projet. L'artiste quitte définitivement son poste en 76. Si culturellement, la direction du Ballet fût une expérience positive, le travail pour le gouvernement ne convient décidément pas à cet humaniste, épris de liberté(s) et de découvertes. Il reprend alors sa place auprès des grands musiciens zaïrois, dont Franco, avec lequel il participe au festival des Arts nègres à Lagos au Nigéria. Il monte alors un nouveau groupe, Ya Tupas, au sein duquel, il exploite les sources musicales collectées entre 1972 et 1973. Le groupe connaît une certaine notoriété et décroche en 78 le Maracas d'Or, récompense décernée depuis Paris à un artiste africain ou antillais. En 1979, une équipe américaine demande à Ray Lema de venir travailler aux Etats-Unis. Grâce à une bourse de la fondation Rockfeller, Ray Lema s'envole donc pour l'Amérique. Fasciné par ce qu'il y découvre, en particulier en matière de son et de studio, le zaïrois reste plus longtemps que prévu. Il épouse une américaine, et apprend les techniques de studio. Il y enregistre même (à la Nouvelle-Orléans) un tout premier disque en solo, "Koteja". En outre, il participe un temps à un orchestre haïtien. Vers 1981, l'attrait du vieux continent se fait plus fort, et Ray quitte les Etats-Unis pour la Belgique, avant de s'installer définitivement en France. Jamais il ne retournera au Zaïre. Nouvelle adresse, nouvelle culture, nouvelle carrière. Sa perpétuelle quête de nouveautés, d'influences, de découvertes va plus que jamais s'épanouir en Europe. Comme tous les musiciens africains qui s'installent à Paris, il n'est pas connu. A ses débuts en France, il joue dans les lieux fréquentés par ses compatriotes. Puis il monte un groupe, Carma (Central Africa Rock Machine) composé de musiciens de divers horizons (Zaïre, Cameroun, Haïti, Guadeloupe). On commence alors à le repérer dans les nuits musicales organisées par le magazine Actuel. D'ailleurs, le directeur de la revue, Jean-François Bizot, devient son producteur pendant quelques années. Ray Lema ne tarde pas à trouver un label, Celluloïd, qui lui permet de distribuer en France le mini-album "Koteja" et surtout d'enregistrer son premier véritable album. C'est ainsi qu'en 1983 sort "Kinshasa-Washington DC-Paris" qui en un titre d'album, résume le parcours de Ray Lema. Rumba-rock, funk, reggae, tradition, modernité, ce premier album réunit forcément d'innombrables influences. Il marque en tout cas le décollage d'une carrière internationale. L'accueil public et critique est excellent, surtout à une époque où la world music devient un phénomène très commercial. Fin 1984, Lema donne un concert à la Chapelle des Lombards, antre du jazz parisien. Et, à la même époque, il participe au premier album solo de l'anglais Stewart Copeland, ex-batteur du groupe Police. L'année suivante, il rencontre le français Martin Meissonier, ingénieur du son et arrangeur très réputé dans les milieux world music et en particulier africains. C'est à Londres que les deux hommes, fous de sons, s'amusent énormément en studio afin de mettre au point l'album "Médecine" qui sort en octobre 1985. En 1986, Lema travaille pour le cinéma et compose toute la bande sonore du film "Black Mic Mac" de Thomas Giloux. Puis, l'année suivante, le Zaïrois entame une large tournée européenne (Grèce, Espagne, Italie,…). Désormais, bien implanté en France, Ray Lema développe d'excellents contacts avec les chanteurs français. A tel point qu'en 1988, Lema monte un groupe occasionnel, le Bwana Zoulou Gang composé, non seulement de ses propres musiciens, mais aussi d'artistes français dont Charlélie Couture et son frère Tom Novembre, Jacques Higelin et Alain Bashung. En outre, il fait appel à des musiciens africains, parmi ses amis, dont les camerounais Willy N'for et Manu Dibango. Très dansant et très festif, cet album réunit à la fois des influences pygmées et le funk le plus électronique. En 1989, Ray Lema donne un nom sénégalais à son nouvel album, "Nangadeef" ("Bonjour" en wolof). Les invités y sont nombreux. Citons le saxophoniste américain Courtney Pine et les magnifiques voix féminines du groupe sud-africain, Mahotella Queens. Produit par son nouveau label, Island, l'album rencontre un certain succès. Sa réflexion exploratoire sur la musique en générale et la musique africaine en particulier séduit public et artistes. Lors d'un concert au Portugal, Lema joue devant une assemblée de 100.000 personnes. Puis, le 6 octobre 1989 sur la scène parisienne de la Cigale, il rencontre un soutien chaleureux du public français. Toute l'année suivante, il continue à tourner de festival en tournée. En juillet, il est invité d'honneur aux Francofolies de La Rochelle. Puis à l'automne, il parcourt l'Afrique avec Radio France Internationale pour une tournée organisée dans les Centres Culturels français à l'occasion du concours "Découvertes". Parmi les dates, citons Abidjan le 15 novembre. En effet, si Ray Lema ne retourne plus dans son pays natal, son pied-à-terre africain se dessine dans la capitale ivoirienne. Cette tournée africaine marque fortement Ray Lema et lui inspire en partie son album "Gaïa" qui sort début 1991. Mais devant le trop faible succès du disque, le label Island lâche l'artiste pourtant unanimement reconnu comme un musicien essentiel. Fin 1990, Ray Lema participe à la production de l'album "Funana" des cap-verdiens de Finaçon. Cette première production africaine est une étape nouvelle dans le travail du zaïrois. Dans les années suivantes, il multiplie les orientations musicales les plus diverses. En 1992, il produit à nouveau un artiste africain en la personne de Were Were Liking et sa troupe du Ki Yi M'bock Théâtre d'Abidjan. Avec Were Were, musicienne camerounaise installée en Côte d'Ivoire, ils écrivent l'opéra "Un Touareg s'est marié avec une pygmée". Retour au jazz avec le pianiste allemand, Joachim Kühn sur l'album "Euro african suites". Mais sa grande expérience du moment est son travail avec le professeur Stefanov, maître de l'art vocal bulgare, et directeur artistique de l'ensemble Pirin' depuis 1956. Ensemble, ils composent et enregistrent un album étonnant dans lequel 23 chanteuses (14 bulgares, 6 africaines et 3 choristes) mélangent leurs voix et leurs cultures dans un tourbillon de mélodies éblouissantes. Le succès du disque entraîne Ray Lema et l'ensemble dans de longues tournées en 1993 : Francofolies, le festival de Sfinks en Belgique ou le festival des Musiques métisses d'Angoulême. Sobre retour en 1994 avec le disque "Tout Partout". Entouré de deux jeunes choristes françaises, Cathy Renoir et Isabel Gonzales, Ray Lema présente un album tout en dépouillement d'où émanent une kora, une flûte pygmée, ou un accordéon. Lema, quant à lui, assure toutes les parties de piano. Les 23 et 24 septembre, la petite formation s'installe deux jours au Passage du Nord Ouest, salle parisienne disparue depuis. En 1996, Ray Lema entreprend un retour sur lui-même dans l'album "Green Light", qui poursuit le travail solo entamé avec "Tout Partout". De plus, son humanisme prend toute son ampleur lors de missions artistiques qu'il entreprend au Tchad, Bénin et Burkina Faso. Ces voyages lui offrent l'occasion de former et d'aider des artistes et musiciens locaux, tâche que Ray Lema affectionne tout particulièrement. L'introspection continue avec "Stoptime" qui sort en 1997. Travail plus solitaire, plus acoustique, "Stoptime" est l'expression d'une certaine maturité (la cinquantaine) qui évoque aussi son héritage classique. Cet héritage est à l'honneur en 1997 lorsque Ray Lema se lance dans l'écriture d'un opéra pour un orchestre de 30 musiciens. Inspiré par la nature africaine, cette pièce musicale est répétée pour la première par un orchestre suédois en février 1997. Pour Ray Lema, la découverte de son œuvre jouée par une formation classique représente un choc artistique et émotionnel sans précédent. A sa façon, Ray Lema est un artiste déraciné. Il a découvert la musique par l'intermédiaire d'une culture blanche et occidentale et le premier instrument qu'il sut jouer - le piano - est totalement absent de la musique africaine. Si à moins de 20 ans, il partit à la quête des sons les plus traditionnels de son pays, ce n'était pas un hasard. Au contraire, c'était le point de départ d'une longue recherche presque philosophique, et sûrement spirituelle, de ses racines. Au cours de l'année 2000, Ray Lema travaille avec les Tyour Gnaoua d'Essaouira, formation marocaine traditionnelle. De leur rencontre naît une création musicale qui permet la confrontation de la musique gnaoua, issue des anciens esclaves originaires des régions subsahariennes, et des chants congolais, culture de Ray Lema. Instruments, voix, le mariage est une réussite. La création a lieu en mai 2000 au Couvent des Cordeliers au cœur de Paris. Ensemble, on les voit au cours de la Fête de la musique le 21 juin, dans certains festivals d'été dont Langon dans l'ouest de la France fin juillet, et enfin en décembre à la Maroquinerie, petite salle de la capitale. C'est à cette époque qu'ils sortent un album commun, "Safi" (On est d'accord). A l'occasion d'un concert de Manu Dibango au Café de la Danse à Paris en mars 2002, il interprète avec lui un morceau sur scène. Cette rencontre incite ces deux monstres sacrés de la 'sono mondiale', qui habitent à 5 mn l'un de l'autre en banlieue parisienne,à poursuivre leur collaboration. Ils se retrouvent en juillet au festival Musiques sur l'île à Nantes et entreprennent une tournée d'une vingtaine de dates à l'automne 2002 qui les mènent en Afrique du Sud, Grèce et Espagne.Les 20 et 21 mars 2003, ils présentent pour la première fois surla scène parisiennedu New Morning ce spectacle qui revisite d'anciens morceaux sur le tempo du Bantou Beat, fruit de leur travail de recherche. Ray Lema se joue des frontières et n’hésite pas à passer d’un univers à l’autre : novembre 2003, le voici au Théâtre des Amandiers de Nanterre en compagnie du metteur en scène Jean-Louis Matinelli pour lequel il compose la musique de "Médée", une pièce de Max Rouquette. Le Syndicat professionnel de la critique dramatique et musicale lui remet pour ce travail le Grand Prix de la Critique comme Meilleur compositeur de Musique de Scène. Toujours en quête du croisement de l’horizontalité des rythmiques africaines et de la verticalité des hamonies occidentales, Ray Lema reprend en 2004 son chemin en solo: dans la lignée de "Green Light" (1996) et "Stop Time" (1997), il sort "Mizila", un nouvel album épuré, à la fois jazz, classique et pleinement africain. Ray Lema y ajoute toute la puissance de son jeu en public pour la première fois le 29 mars, au Café de la danse à Paris. Depuis toujours Ray Lema s'intéresse à la transmission des savoirs. Avec l'UMA, l'Université Musicale Africaine, il s'investit dans l'enseignement des pratiques musicales. Il est amené à donner des master-class au Burundi par deux fois (2004 & 2005) ainsi qu'au Burkina Faso (2005) et en Afrique centrale (2006). En 2005, dans le cadre de l'année du Brésil en France, l'artiste donne une série de concerts avec le chanteur et compositeur brésilien Chico Cesar, pour une fusion entre rythmes des deux continents. Ils se produisent sur plusieurs scènes dont celles des festivals de l'été, à travers l'Europe. L'année suivante, Ray Lema s'associe au batteur Francis Lassus et au bassiste Etienne Mbappé pour constituer l'African Jazz trio. Une façon de retrouver la scène avec un répertoire encore différent. En novembre, le trio se retrouve à Ouagadougou au Burkina Faso pour une nouvelle édition de l'Université Musicale Africaine où il dispense des sessions de formation pour les musiciens de la région. Il faut attendre février 2007 pour que Ray Lema sorte un nouvel album. Enregistré avec Etienne Mbappé et Francis Lassus, "Paradox" donne à écouter des morceaux très différents : des chansons en français ou en anglais, des instrumentaux. Ce disque se veut être aussi un hommage à Claude Nougaro ("C'est une garonne") et à Ali Farka Touré ("Ali Farka Touré") deux musiciens et amis qui ont beaucoup marqué et influencé Ray Lema.
Biographical Information
Raymond Lema A'nsi Nzinga
(At a Glance)
Date of Birth: Mar/30/1946
: male
Interests: Art, Music, Culture, Sport
Place of Origin: Congo-Brazzaville

Raymond Lema A'nsi Nzinga naît dans un train au Zaïre (aujourd'hui République Démocratique du Congo). Voulant rejoindre le village proche de Kary (aujourd'hui Lufu Toto), sa mère, qui vit à Lukala, accouche dans la gare. Mais pour un fils de chef de gare, ce n'est guère original… Durant son enfance, il n'a aucun contact direct avec la musique. En 1957, à 11 ans, il entre au petit séminaire de Mikondo à Kinshasa avec la ferme intention de devenir prêtre. Mais très vite, lors des cours de musique, il dévoile un don certain pour le piano. Ses capacités à déchiffrer les partitions sont remarquables, et il n'a aucun mal à assimiler des morceaux complexes. L'enfant découvre la musique à travers une culture et une tradition occidentales fort éloignées de ses racines. Mozart, Bach, ou le chant grégorien deviennent son quotidien. Le jeune Ray est désigné accompagnateur officiel des messes à l'orgue pendant des années. Ses professeurs sont si admiratifs de son talent que l'un d'entre eux lui offre même un piano. Sa vocation religieuse se transforme vite en une vocation évidente pour la musique.

Pour son premier concert de musique profane, il interprète "La Sonate au clair de lune" de Beethoven, devant une salle où son frère est le seul africain.

Lorsqu'il quitte le séminaire vers 1962, il entre au collège Albert. Puis il s'oriente vers une filière chimie à l'Université Lovanium de Kinshasa. Nous sommes dans les années 60 et le pays est envahi d'influences occidentales, du rock américain à la salsa afro-cubaine. De toute évidence, la chimie n'est pas un très bon choix, et Ray préfère continuer à jouer avec quelques groupes et orchestres locaux. Il découvre la culture urbaine kinoise et joue du piano dans les boîtes de nuit. C'est aussi à cette époque qu'il apprend la guitare.

Repéré par le musicien Gérard Kazembe, Ray intègre son orchestre. Pendant deux ans, il joue d'innombrables airs de la variété anglo-saxonne de Jimi Hendrix aux Beatles. Sa notoriété se forge petit à petit, à tel point qu'en 68, on lui demande de créer un groupe officiel sur la demande du gouvernement. Il s'exécute et monte Baby National dans lequel il est chef d'orchestre. Mais, la culture à la sauce gouvernementale n'est pas son fort et l'expérience ne dure qu'un an. Il passe alors quelques temps comme accompagnateur des stars zaïroises, dont Tabu Ley Rochereau et Joseph Kabassele.





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